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L’individualisme contemporain a entraîné une explosion artistique sans précédent au cours du 20e siècle. De même en architecture, la création a vu émerger de nombreux projets marquants. Cependant dans l’activité quotidienne de l’architecture, une frilosité des institutions, des donneurs d’ordre et des architectes eux-mêmes permet de dire qu’ils n’ont pas pris la mesure de ce bouleversement du système des valeurs prépondérantes jusqu’au 19e siècle.

La notion de désir s’est, à la fin du 20e siècle dans les pays occidentaux, imposée comme mode de relation de l’humain au monde consommable. Le désir a perdu son aspect malin pour devenir l’un des moteurs essentiels de la création, sans mauvaise conscience.
Parallèlement, la conscience de la possibilité de prise en main de nos envies n’a pas trouvé d’écho dans la manière de construire. Pour preuve, ces immeubles de bureaux qui adhèrent aux mêmes principes par défaut de caractérisation programmatique. Ou encore ces maisons répliquées en nombre où ne varient que la couleur de l’enduit et le type de toiture selon la région. Nous sommes encore dans un monde industriel, avec ses avantages économiques, certes, mais également avec les inconvénients d’une offre anonyme.

L’information générée par les médias est de plus en plus présente dans la vie de chacun, avec la télévision, internet, les journaux, les affiches publicitaires, la radio. La stimulation des besoins et donc la stimulation permanente des désirs, incitent à se questionner sur la valeur de notre monde et même sur sa réalité. La première réaction est la dénonciation de cet état de fait sans pour autant trouver de solution de remplacement. La société de consommation est décriée mais désirée à la fois. C’est « non à la société de consommation, à la mondialisation, à l’économie de marché omnipotente » et dans un même temps « oui à la distribution des biens pour tous, la globalisation et l’accès de l’information à tous ». La réponse à cette ambivalence serait : la pertinence de l’offre.

La prise en compte de la diversité des désirs, c’est l’unicité de l’offre.

L’individu se trouve alors au CENTRE DU MONDE, seul face à ses responsabilités. A lui de définir ses réels besoins, sans imposition d’un modèle. Alors bien sûr, l’architecte est à sa disposition pour aider à définir les besoins. La solution du compromis est abolie. L’idée même de ne pas déplaire au plus grand nombre n’aurait plus de sens. L’injonction d’un modèle autoritaire, l’imposition abandonnée pour une autonomie de l’individu incomparable.

L'INDÉTERMINATION D'UN PROJET COMME PRINCIPE PRÉALALBLE.
Toute la difficulté du travail de l’architecte actuellement est de se conformer à une demande technique de plus en plus précise régie par des normes de plus en plus contraignantes. Les solutions techniques éprouvées facilitent la tâche des acteurs de la construction. Elles répondent à des contraintes industrielles. Elles soumettent en quelque sorte le projet en imposant des solutions qui contraignent l’usager.
Nous partons du principe d’une remise à plat d’un programme donné pour répondre exactement aux problématiques des usagers à venir sans idées préconçues quant au résultat technique. Cette indétermination au départ engage l’architecte à trouver la solution idéale pour son client. Cette démarche implique une pression exercée à l’encontre des autres acteurs de l’acte de construire qui se révèle parfois source de solutions inespérées. L’imagination est mise à contribution pour imaginer « l’inimaginé ».

Nous tentons d’étendre cette indétermination préalable à tous nos projets.

PARTICULARISATION DES INTENTIONS ET DES RÉPONSES AUX BESOINS.
C’est dans le travail normal de chacun de comprendre l’esprit d’une demande avant que de répondre stricto sensu à cette demande. Comme il existe l’esprit d’une loi avant de la mettre en application, le programme d’un client doit être compris et réinterprété. Avant de faire un projet. Ethiquement il paraît normal de répondre au besoin réel de son client. Cela entraîne là encore un travail d’extirpation afin de qualifier les espaces à créer.

Créativité dans le plaisir.
Le plaisir apparaît parfois dans notre société comme opposable au travail. Les meilleurs projets sont pourtant ceux qui ont donné un maximum de plaisir à tous les intervenants. Cela n’est pas dans l’usage de dire, nous avons un projet à faire, nous allons bien nous amuser, tous ensemble. De plus, nous allons organiser ces amusements.

Créativité dans le désir.
L’essentiel reste pourtant ce désir de créer ce monde tel qu’imaginé. La puissance de ce désir fait naître une envie de perfection, de maîtrise de son métier.

L’UNIVERSALITÉ DU PARTICULARISME
La chose la mieux partagée dans notre humanité, c’est l’idée d’unicité. Je « suis au centre du monde », ce sentiment de proximité de soi vis à vis du monde, quelque soit l’endroit. La profusion de l’offre, la multiplication des choix pour l’individu (tv câble ou satellite), la diversification des biens et des services. L’accroissement de la liberté combinatoire incite cet individu à se positionner dans le monde. Là réside sa responsabilité individuelle, se situer dans le monde, le dur devoir de la liberté.

(…)
C’est donc de manière consciente que nous prenons le principe d’individualisme comme prépondérant dans notre démarche de création d’espace. C’est un processus de prise de responsabilité que nous revendiquons. L’ère de l’industrialisation a renoué avec le système du copié collé sans prendre la mesure des possibilités infiniment variées qu’elle nous met à disposition. Au nom de la Culture de l’Egalité la plus large possible, nous proposons cette individualisation des espaces, notamment l’espace de travail. C’est le cœur du travail architectural qui est en jeu un travail définitivement humain, un travail d’architecte.